500 : c’est le nombre d’immeubles insalubres recensés par la Ville de Marseille sur son territoire. Ce chiffre, à prendre avec des pincettes, est celui qui a été retenu dans le plan d’Eradication de l’habitat indigne (EHI) que la municipalité a reconduit avec l’Etat en 2008. Ce protocole, qui court jusqu’en 2015, vise "à redresser tout le parc immobilier obsolète et dégradé", indique Arlette Fructus, adjointe déléguée au logement. Sur les 500 immeubles identifiés, 350 doivent faire l’objet d’une réhabilitation à l’amiable par leurs propriétaires dans le cadre d’une Opération d’amélioration de l’habitat dégradé (OAHD), dispositif qui leur permet de bénéficier des aides de l’Anah, de l’Etat et des collectivités (Ville et région Paca). Au delà des subventions qui peuvent couvrir jusqu’à 80% du montant des travaux, cette OAHD permet d’aiguiller les propriétaires dans le maquis des procédures encadrant la restauration des biens immobiliers. Quant aux 150 immeubles restants (900 logements), les plus dégradés et pour certains détenus par des marchands de sommeil, leur réhabilitation passera par la mobilisation de deux opérateurs mandatés par la Ville : la Sem Marseille habitat et la société Urbanis aménagement (Nîmes). Ces deux concessionnaires prendront en charge 75 immeubles chacun, le premier dans le centre et le sud de la ville, le second dans les quartiers nord.
Au total, la Ville estime qu’un millier de logements neufs ou restructurés sont susceptibles d’être remis sur le marché d’ici 2014, une ambition qui représente une dépense prévisionnelle de 136,2 M€ (financée par la Ville à hauteur de 18 M€). "Il y a plusieurs cas de figure, explique Christian Gil, directeur général de Marseille habitat, d’une part, une moitié de propriétaires qui n’ont pas les moyens de financer les travaux lourds, malgré les aides, la valeur du foncier et de la réhabilitation dépassant la valeur du marché ; d’autre part, 40% de marchands de sommeil qui n’ont aucune envie de financer la restauration de leurs biens ; enfin, il y a des immeubles dont la réhabilitation bute sur des problèmes de succession, d’indivision". Lorsqu’ils ont affaire à des propriétaires indélicats, les deux concessionnaires n’hésitent pas à mettre en œuvre des mesures coercitives comme l’expropriation. Des procédures efficaces, mais de longue haleine... qui requièrent une solide maîtrise des arcanes juridiques. "Franchement, parfois je m’arrache les cheveux avec les procédures. On est tributaire de la signature des arrêtés d’insalubrité ou de péril par le préfet. Et cela prend un temps fou....", se désole Mme Fructus.
Une fois les travaux réalisés, les logements sont remis sur le marché. "On exige qu’au moins 30% soient des logements sociaux, le reste se partageant entre du locatif libre et de l’accession sociale", indique-t-elle. Autre écueil, propre à toute opération de restauration immobilière : l’obligation d’assurer le relogement des habitants. Pas simple dans une ville dont le parc locatif social est saturé. Depuis deux ans, les opérateurs peuvent compter sur un parc relais de 130 logements géré par Adoma (50 logements) et le CCAS (80). "On y loge les résidents le temps de dénicher une solution définitive, soit dans le parc social existant, soit dans leurs anciens logements rénovés", précise M. Gil.
E-lettre Sud Infos | Publié le 07-09-2010