Jacques Pfister est inquiet. Le président de la Chambre de commerce phocéenne va participer mercredi prochain 28 avril, à Paris, à une conférence organisée par l’association des CCI métropolitaines intitulée "Métropoles et développement économique". En même temps, le texte de la réforme des CCI sera discuté à l’Assemblée les 27 et 28 avril. Jacques Pfister en appelle à l’occasion à une mobilisation des acteurs afin de sauver ce qui lui semblait l’esprit d’une réforme pour laquelle il a voté. La perspective d’une mutation conjointe des territoires et des chambres de commerce nécessaire à la création de vraies métropoles s’éloignant, son ton se fait grinçant devant plusieurs mesures, dont une en particulier : le plafonnement à 35 ou 45% du poids que pèseront les grandes chambres de commerce au sein de leur instance régionale. "Si on ne donne pas aux grandes chambres leur juste poids, on risque de chloroformer le réseau et, à terme, ce sera la mort des CCI." Convaincu par le caractère politique de la décision de favoriser plutôt les petites chambres que les grandes, Jacques Pfister y voit le risque majeur d’un affaiblissement encore accru de l’institution consulaire, qui a déjà commencé. Alors que la métropolisation de certains territoires semblaient cohérente avec la création de chambres métropolitaines dignes de ce nom, la réforme parvient à un effet inverse de ce qu’elle promettait. "On doit faire sauter cette mesure", a-t-il insisté devant les journalistes réunis le 22 avril. Quant à savoir si cet affaiblissement des institutions consulaires est intentionnel de la part des réformateurs, il hésite, puis conclu : "Je ne crois pas à quelque chose d’aussi diabolique…".
E-lettre Sud Infos | Publié le 23-04-2010