Michael O’Leary, le PDG de Ryanair, doit se sentir moins seul. L’annonce, hier, de son intention de fermer sa base phocéenne, si l’information judiciaire engagée contre lui par le procureur d’Aix devait déboucher sur une procédure judiciaire, a fait réagir pas mal de monde. Jacques Pfister, le président de CCI Marseille Provence, gestionnaire de l’aéroport, d’abord : «Le retrait de Ryanair de l’aérogare low cost MP2 signifierait la mise en péril d’une success story». Après un appel à la mobilisation de toutes les forces vives de la région, il a insisté : «Alors que notre pays traverse une crise économique sans précédent, et que le maintien de l’emploi doit être notre priorité, je suis particulièrement choqué des pressions exercées actuellement sur les dirigeants de la compagnie aérienne Ryanair.
(…) Ce départ serait une catastrophe pour la cité phocéenne et sa région, qui perdraient ainsi 150 emplois directs et les retombées économiques liées au 1,7 million de passagers de toute l’Europe voyageant sur ces lignes chaque année.
A l’heure où Marseille développe son potentiel touristique et a accueilli quelque 4 millions de visiteurs en 2009, le départ de la compagnie Ryanair pourrait sonner le glas de l’activité de la plate-forme MP2, dont elle représente la majorité du trafic.»
Jean-Claude Gaudin et Jean-Noel Guérini lui ont emboîté le pas dans les même termes. L’information judiciaire, déclanchée par les plaintes de deux syndicats de navigants français Unac et SNPL, repose sur le fait que la compagnie paie ses charges sociales sur la base du droit irlandais beaucoup plus doux que le droit communautaire. Pour Michael O’Leary, dont toutes les sociétés sont irlandaises, et le personnel itinérant, il n’a pas à s’aligner sur le droit commun. Et cela, malgré un décret publié fin 2006 qui impose à toutes les compagnies étrangères disposant d’une base dans l’Hexagone d’appliquer le droit du travail français. En réalité, pour le PDG irlandais, qui a dénoncé ce décret devant la Cour européenne de justice, Air France-KLM est à la manœuvre. En grande difficulté, la compagnie aurait intensifié son offensive contre les compagnies low-cost.
E-lettre Sud Infos | Publié le 21-05-2010