«Pas facile de se projeter dans une vision du territoire à trente ans, quand on ne sait pas quelles seront nos compétences dans un an...» : ce constat, dressé par Michèle Trégan, conseillère régionale déléguée à l’Emploi, résume assez bien le dilemme auquel sont confrontés les élus régionaux engagés depuis un gros semestre dans le processus de révision du schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT). Alors que la réforme des collectivités territoriales a singulièrement chamboulé l’horizon institutionnel des collectivités - la durée de l’actuelle mandature des conseils régionaux a été raccourcie de six ans à quatre ans et les élus régionaux devraient être remplacés par des conseillers territoriaux ayant la double casquette départementale et régionale - la Région Paca s’est lancé au printemps dernier dans l’actualisation de son document de planification stratégique. Cinq ans seulement après son adoption, ce «schéma des schémas» pour reprendre la définition qu’en donne Christophe Castaner, vice-président de la région délégué à l’Emploi (notre photo), au développement économique, à l’enseignement supérieur, à la recherche et à l’innovation, doit être adapté pour tenir compte de l’évolution socio-démographique - Paca a franchi la barre des cinq millions d’habitants dès 2010 alors que l’Insee prévoyait que ce serait en 2020 – et du nouveau contexte réglementaire et institutionnel marqué par la réforme des services de l’Etat (RGPP) et par l’émergence de l’intercommunalité.
Mise en cohérence
«Il s’agit de mettre en musique tous les grands schémas directeurs, le schéma de cohérence écologique, le schéma régional climat, air, énergie, le schéma de développement économique... à l’aune du de la crise et du Grenelle de l’environnement, sans verser dans le fondamentalisme vert», explique Christophe Castaner. L’élu, qui se défend d’être abonné au journal «La décroissance» (sic), s’inquiète de la montée en puissance de la pression réglementaire. «Avec la mise en place des plans de prévention des risques (PPR), on est en train de vitrifier le territoire», s’emporte-t-il, citant l’exemple de Pertuis, la capitale du sud Luberon dont le développement économique, porté par Iter, est aujourd’hui bridé par le PPR inondation. En écho à cette dérive, l’élu, qui est aussi maire de Forcalquier, brandit son contre-modèle : la démarche d’aménagement durable instiguée par la Région dans le Val de Durance. «Avec les trois équipes d’urbanistes mandatées, on essaie de tracer les pistes d’un développement éco-responsable de ce territoire soumis à une forte pression avec l’arrivée d’Iter», indique-t-il. Seul hic, cette démarche prospective, comme celle du SRADDT d’ailleurs, n’a aucune valeur prescriptive, les maires n’étant pas tenus de s’y conformer dans leurs documents d’urbanisme. Une carence qui rend d’autant plus regrettable l’absence d’instance de coordination des politiques publiques dans ce territoire. Et Christophe Castaner a la dent dure contre l’Etat sur ce dossier, pointant le manque d’empressement du préfet de Région à rendre opérationnel le fameux Groupement d’intérêt public (GIP Iter) pourtant porté sur les fonts baptismaux à l’automne 2010. «On attend toujours la première réunion où l’Etat nous dira ce qu’il est prêt à mettre sur la table», grince l’élu qui défend l’idée d’un «Etat régulateur» à l’opposé de son rôle actuel qui privilégie les pôles d’excellence. «Je veux bien que l’on soutienne la fusion des universités d’Aix-Marseille. Mais il ne faut pas oublier les autres pôles universitaires de la région», plaide Christophe Castaner. Et l’élu de s’interroger sur le brouillard qui entoure la négociation des prochaines contractualisations qui seront appelées, en 2014, à prendre le relais des actuels contrats de projets Etat-Régions et des programmes européens. «C’est à travers les CPER que se définit la véritable stratégie d’aménagement du territoire. L’Etat garant des grands équilibres et de la solidarité donne aux régions les moyens de mener cette politique de régulation», explique l’élu.
Les nouveaux CPER en ligne de mire
Ce flou sur le devenir de la prochaine génération des CPER jette évidemment une ombre sur la démarche de révision du SRADDT. Un voile d’incertitude que la Région tente d’exorciser à travers la série d’ateliers de concertation organisés depuis cet automne. La synthèse de ces rendez-vous baptisés «Notre région à 2030» où sont passés au crible les grands enjeux du territoire à moyen et long terme : le changement climatique, la solidarité, la mobilité, la démographie, l’économie, la mondialisation... se déroulera le 10 février prochain, au Silo, à Marseille. Le diagnostic posé, suivront neuf mois de brainstorming pour définir les nouvelles orientations du document. Un travail d’affinement qui donnera lieu, lui aussi, à un grand forum à la fin de l’année. D’ici là, les élections nationales auront sans doute permis de clarifier l’horizon contractuel de la démarche. C’est, en tout cas, l’espoir que forment les élus de la majorité régionale...
Photo : Christophe Castaner, vice-président de la région délégué à l’Emploi - X-DR
E-lettre Sud Infos | Publié le 20-01-2012
Recevez tous les jours les actualités de l'information économique régionale en vous abonnant à la e-lettre Bref et à la e-lettre Sud Infos !
Retrouvez chaque jour votre information économique régionale avec :

Les spécialistes de l'actualité économique des entreprises en régions Rhône-Alpes et PACA
Abonnez-vous à des outils de veille économique efficaces sur la région Grand Sud Est - Rhône-Alpes, PACA
Toute l'actualité économique du Grand Sud-Est
Contacts
Presse
CGV
CGU
Plan du site
Actualité
Annuaire
Annuaire Waaaouh !